Inspecter son toit en bardeaux avant la neige : la liste de vérification d’octobre

Combien de temps faut-il pour inspecter un toit en bardeaux ? Une heure, en prenant son temps, par un après-midi sec d’octobre. C’est peu, comparé aux semaines de travaux qu’entraîne une infiltration découverte en mars, quand le plâtre du plafond commence à gonfler.

Ce qui suit reprend les points qu’un couvreur regarde en premier avant l’hiver, adaptés à un propriétaire qui reste au sol ou sur une échelle bien calée. Pour aller plus loin sur les réparations courantes et les urgences en saison froide, le site reparationtoituremtl.com détaille les problèmes typiques des toitures montréalaises, du bardeau d’asphalte au toit plat.

Équipe de couvreurs remplaçant des bardeaux d'asphalte sur une maison de plain-pied
Réfection de bardeaux d’asphalte sur une maison unifamiliale. Photo : FEMA, domaine public.

1. Les bardeaux, rangée par rangée

Aux jumelles, on balaie le versant de bas en haut. Trois défauts méritent une note : les bardeaux qui manquent, ceux dont les coins se recourbent et ceux qui ont perdu leurs granules au point de laisser voir l’asphalte noir. Un dépôt de granules au pied des descentes pluviales confirme l’usure.

Pour mémoire, le Code de construction du Québec exige au moins deux épaisseurs de bardeaux sur toute la surface du toit. Un bardeau arraché laisse donc une zone à simple épaisseur, plus vulnérable au vent et à l’eau.

2. Les solins et les points de jonction

Cheminée, mur de brique, évents de plomberie, puits de lumière : chaque percée est un point faible. Le solin de base doit être recouvert par un contre-solin, encastré dans la maçonnerie. Un scellant fendillé ou une tôle soulevée suffit à faire entrer l’eau de fonte.

3. Les noues

La noue, cet angle rentrant où deux versants se rejoignent, reçoit plus d’eau que le reste du toit. Les feuilles et les aiguilles de pin s’y accumulent. Il faut la dégager, puis vérifier que les bardeaux ou la tôle n’y sont ni fissurés ni déformés.

Profitez-en pour regarder le faîtage. Les bardeaux de faîte, posés à cheval sur l’arête du toit, sont les plus exposés au vent. Un bardeau de faîte fendu ou déplacé laisse l’eau s’infiltrer pile au point le plus haut, et la trace apparaît parfois loin de là, au milieu d’un plafond, ce qui complique le diagnostic.

4. Les gouttières et les descentes

Une gouttière pleine en novembre devient un bloc de glace en décembre. Elle déborde, l’eau coule le long du mur et s’infiltre dans les fondations. On les vide, on vérifie la pente et on s’assure que chaque descente débouche à bonne distance de la maison.

5. L’entretoit, vu de l’intérieur

Lampe de poche en main, par la trappe d’accès, on cherche des traces d’eau sur le bois, du givre, une odeur de moisi ou un isolant écrasé devant les soffites. Des soffites bouchés empêchent l’air d’entrer et favorisent les barrages de glace.

6. Ce qu’on ne fait pas soi-même

Monter sur un toit mouillé ou en pente forte n’a rien d’anodin. Dès que la réparation dépasse le nettoyage, c’est un travail d’entrepreneur, et au Québec il doit détenir une licence de la Régie du bâtiment. Le registre public permet de vérifier la licence d’un entrepreneur auprès de la RBQ en quelques secondes, à partir de son numéro à dix chiffres. Un contrat signé avec un entrepreneur sans licence peut d’ailleurs être annulé selon la Loi sur le bâtiment.

Une fiche, deux saisons

Gardez vos notes et vos photos d’octobre. En avril, refaites le même tour avec la même fiche. La comparaison montre ce que l’hiver a réellement abîmé, et elle donne au couvreur une base précise pour son estimation, au lieu d’un vague « ça coule quelque part ».

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